La Symphonie pastorale

Une balade littéraire avec la chanteuse Brigitte Fontaine


Brigitte Fontaine et le théâtre

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Elle se produit au Lucernaire.

Théâtre

Maman j’ai peur (coécrit avec Jacques Higelin et Rufus), mise en scène Sotha, Studio des Champs-Elysées, 1966
Niok, spectacle partiellement improvisé (en collaboration avec Jacques Higelin et Areski Belkacem), Théâtre du Lucernaire, 1969
Les enfants sont tous fous (co-écrit avec Rufus), 1969

Dans un entretien accordé à Télérama :

Vous étiez en rupture avec le monde adulte ?

Quand j’étais petite fille, je considérais les adultes comme des fantômes. Mais mes parents étaient très gentils. Des petits instituteurs de Morlaix, en Bretagne, qui faisaient du théâtre en amateur, ils avaient bien raison et ils étaient très bons, je crois ! En tout cas, ça me faisait plaisir qu’ils aient un but. Du coup, ils en étaient moins fantômes à mes yeux. J’ai joué sur scène avec eux, à 8 ans, puis à 12 ans. A l’époque, je savais déjà que j’écrirais un jour et que je ferais du théâtre.

Vos parents vous ont encouragée dans cette voie théâtrale ?

Non. Il y avait une troupe, le Centre dramatique de l’Ouest, qui passait à Morlaix de temps en temps. Je l’attendais des semaines, des mois, et j’étais heureuse quand elle arrivait pour jouer Shakespeare, Tchekhov, Molière, Cocteau… Or, le directeur de cette troupe, sans que j’en sache rien, m’avait vue dans une petite pièce lorsque j’avais 12 ans ; et il était allé voir mes parents pour leur demander de me laisser partir avec eux plus tard, à mes 16 ans. Non seulement mes parents ont refusé, mais ils ne m’ont rien dit. Ils ne me l’ont raconté que longtemps après – d’ailleurs ma mère m’a dit que c’était un de ses grands regrets. J’aurais tellement aimé ça, partir sur les routes et jouer tous les soirs ! Le discours de mes parents était classique : « Passe ton bac d’abord. » J’ai donc passé mon bac puis j’ai filé à Paris faire du théâtre.

Ça n’a pas duré très longtemps…

Assez vite, vers 1963, je suis passée à la chanson pour calmer la jalousie de mon amant de l’époque. Je me suis pliée à son courroux envers les partenaires masculins du théâtre. Alors, sournoisement, j’ai commencé à écrire des chansons.

L’Internaute :

Quand vous aviez 12 ans, vous avez été remarquée par un producteur de théâtre…

C’est un des grands regrets de ma vie. Et de ma mère aussi. Elle s’en est beaucoup voulu d’avoir dit non. Ce producteur voulait revenir me chercher quand j’aurais 16 ans. C’était mon rêve, à 12 ans, c’était déjà mon rêve, et puis je détestais l’école. Quand je l’ai appris, j’en ai été malade, parce que je ne l’ai pas su à l’époque, ma mère me l’a dit sur le tard. J’avais déjà commencé à faire carrière dans la chanson, à avoir du succès, eh bien ça ne fait rien ! Je leur en ai quand même beaucoup voulu. Je pense souvent à la vie que j’aurais eu s’ils avaient dit oui. J’aurais une vie complètement différente, j’aurais fait du théâtre, et j’aime autant vous dire que j’aurais eu un succès bien plus important que dans la chanson, malgré mon atypisme notoire. J’aurais pu tout jouer. Je peux tout jouer. Cette année, je devais jouer une pièce qui n’est pas de moi, c’est cela qui m’intéressait : Les lettres de Catherine de Russie (c’est moi) et de Voltaire, c’est Rufus. Mais je n’en ai pas le temps, quand j’en aurais le temps, je le ferai.

Les Inrocks :

Très tôt, le théâtre a été ma passion. Je lisais des quantités de pièces et, dès que possible, je jouais dans des spectacles d’amateurs, à Morlaix puis à Brest. Quand j’ai eu 12 ans, le directeur d’une troupe que j’adorais, le Centre dramatique de l’Ouest, m’a repérée et est allé me demander à mes parents ce dont je n’aurais même pas pu rêver à l’époque. Mais ils ne m’ont pas mise au courant et ont refusé, sous prétexte qu’il fallait que je finisse mes études d’abord le coup classique. Ils ne me l’ont dit que bien après. Ça aurait tout changé pour moi.

Arrivée à Paris, vous jouez un moment au théâtre puis vous vous dirigez vers la chanson. Quelle est la raison de ce choix ?

J’ai dû tout arrêter à cause d’un mec qui était jaloux de mes partenaires masculins celle-là, je commence à la raconter parce que je la trouve vraiment bonne… C’était dégueulasse de sa part, parce que j’adorais le théâtre. Ce mec avait une emprise totale sur moi. Il devait avoir quinze ans de plus, mesurait 1,98 m et, comme une conne, je me suis laissée faire. Je devais avoir 19-20 ans. Il avait réussi à me culpabiliser tellement que j’en avais laissé tomber le théâtre. Il me disait que j’étais une salope, la dernière des garces, que les gens comme moi il fallait les enfermer dans des caves pour les empêcher de vivre… C’est à cause de ce mec que j’ai commencé la chanson, par ruse, pour rattraper le coup sans partenaire. Pour rester dans le monde du spectacle qui est le mien, je me suis mise sournoisement à écrire des chansons et à aller les chanter où je pouvais, dans ce qu’on appelle aujourd’hui les boîtes « Rive gauche » mais qui étaient les seules existantes à l’époque. C’est là que Jacques Higelin m’a trouvée un soir. Donc un jour, je me suis cassée et me suis sortie de l’emprise de ce mec. Sauf que j’avais toujours peur qu’il soit dans la salle avec un flingue. J’ai continué le théâtre et nous avons écrit cette pièce, Maman, j’ai peur, Jacques, Rufus et moi. Elle a eu un certain succès et c’est à partir de là que tout a vraiment commencé.

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