La Symphonie pastorale

Une balade littéraire avec la chanteuse Brigitte Fontaine

Je t’adore mon île, tout juste au centre ville…


Brigitte Fontaine et l’île Saint-Louis

Tous les artistes ont un havre de paix où ils se ressourcent, où même parfois ils s’installent et donnent forme à leur œuvre.

Salinger dans sa maison du New Hampshire, Marguerite Yourcenar sur son île des Monts déserts, Balzac à Saché, Flaubert à Croisset, Victor Hugo place des Vosges… et Brigitte Fontaine sur l’île Saint-Louis.

Ludovisienne d’adoption

Si elle reste attachée à sa Bretagne natale, Brigitte Fontaine n’en est pas moins une vraie Ludovisienne (c’est ainsi qu’on appelle les habitants de l’île Saint-Louis).

Elle prend ainsi la suite de son idole Charles Baudelaire, qui y vécut entre 1842 et 1845, d’abord quai de Béthune, puis quai d’Anjou.

Elle y côtoie également son ami Georges Moustaki, qui y vit aussi.

Un sujet d’inspiration

Ce petit monde insulaire au cœur de Paris l’a inspirée par deux fois.

D’abord dans l’album Les Palaces sorti en 1997, où le septième titre est intitulé L’île. C’est un long poème qui, d’évocations poétiques en métaphores, donne une vie propre à cet espace, et montre à quel point il fait intimement partie de la personnalité de Brigitte. Vous pouvez écouter cette chanson et lire ses paroles un peu plus bas sur cette page.

La chanteuse fait référence à l’île Saint-Louis une deuxième fois, et à cette occasion la chanson qu’elle écrit donne son titre à tout l’album. Rue Saint-Louis-en-l’Île, sorti en 2004, comporte d’ailleurs le slogan ultime, bien typique de Brigitte, qui résume le lien indéfictible qu’elle entretient avec ce lieu :

Rue Saint-Louis en l’île, for ever.

Ecoutez la chanson L’île :

Le texte :

Je t’adore mon île
tout juste au centre-ville
tes jours d’or et d’hiver
aux lumières de mer
tes douces maisons claires
château de courants d’air
petit nid de colombes
dont quelques duvets tombent
sur la lourde cuirasse
du fleuve qui t’embrasse

Je t’adore mon île
tout juste au centre-ville
palais de givre fin
communiante au matin
tes lueurs qui pétillent
qui font danser les filles
réveillent dans le cœur
des parfums de bonheur
sur les quais paresseux
candides et gracieux

Je t’adore mon île
tout juste au centre-ville
et ta belle gardienne
Notre-Dame la reine
ma chère souveraine
au delà de la Seine
dans ton micro-climat
l’esprit prend ses ébats
balayé de coups d’ailes
mouettes ou hirondelles

Je t’adore mon île
tout juste au centre-ville
ton sourire si pur
épinglé sur les murs
et ton espace intime
radieux jusqu’au crime
me soulève de terre
et je flotte légère
dans ce champagne frais
où fondent les regrets

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