La Symphonie pastorale

Une balade littéraire avec la chanteuse Brigitte Fontaine

Blanche-Neige, blanche mignonne, sensuelle comme une momie.

Brigitte Fontaine et Blanche-Neige

Brigitte Fontaine et Blanche-Neige

Blanche-Neige dans l’univers de Brigitte Fontaine ? Cela semble bien incompatible.

Autant Brigitte Fontaine est excentrique et bouscule les clichés, autant Blanche-Neige est un personnage lisse, une petite fille naïve, dans un conte de fées inoffensif. Nous sommes là dans une conception conservatrice de l’éducation des jeunes filles, bien éloignée des tourments ambigus de la vie réelle…

Sexualité contre frigidité

Eh bien, tout est là justement.

Brigitte Fontaine a écrit une chanson intitulée Blanche-Neige (vous pourrez l’écouter et en découvrir les paroles plus bas dans cette page). Ce texte très poétique met en porte-à-faux la figure plate et sans féminité assumée du personnage des frères Grimm (une colombe, une rombière) avec celle, très érotique et même sexuelle, de la chanteuse.

La chanson, au son très original (écoutez cette espèce de bestiaire, qui allie folie et hystérie) est extraite du premier album de Brigitte Fontaine, Brigitte Fontaine est folle, qui date de 1968. Autant dire que la portée politique de cette chanson est indéniable, véritable attaque contre les clichés sexistes et la morale de l’époque.

Comment oublier la façon dont Brigitte scande Pauvre colombe ? Ce n’est clairement pas le mot colombe qu’on entend, mais un mot qui est le titre d’une autre de ses chansons

Ecoutez la chanson :

Le texte :

J’habite le vent
Mon corps est une flamme
Je montre les dents
Aux fleurs et aux gendarmes

Le soleil me suit
Je ne connais pas Dieu
Le monde est mon lit
Le vent souffle où je veux

Comme une chimère
Comme un animal saoul
Ma moto-panthère
Tremble entre mes genoux

Et toi Blanche-Neige, pauvre colombe
Avec ta douce figure
Toi Blanche-Neige, grosse colombe
Retourne à tes confitures

Bottée de cuir noir
Je suis la femme feu
La femme jaguar
Au cou cérémonieux

Mes doigts sont autant
De seringues mobiles
Mes bras des serpents
De longs serpents fragiles

Mes reins sont en fer
Et mon ventre en satin
Mes cuisses dans l’air
Jouent comme des dauphins

Toi Blanche-Neige, jeune rombière
Avec ta bouche vermeille
Toi Blanche-Neige, jolie mémère
Va faire tes tartes aux groseilles

J’aime quelquefois
Les minets pâles et chauds
Qui fondent sur moi
Comme l’aigle sur l’agneau

J’aime les brutaux
Aux larges cous cuivrés
Qui garde un chapeau
Pour me déboussoler

Quand c’est terminé
Ils gisent comme des vieux
Un peu disloqués
Des lacs bleus sous les yeux

Et toi Blanche-Neige, blanche mignonne
Sensuelle comme une momie
Toi Blanche-Neige, tendre bobonne
Va donc moucher ton mari

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