La Symphonie pastorale

Une balade littéraire avec la chanteuse Brigitte Fontaine

Quand un Algérien épouse une Française, il est kabyle, elle est bretonne.

Brigitte Fontaine et Areski Belkacem

Brigitte Fontaine et Areski Belkacem

Qui peut bien être Areski Belkacem, ou bien souvent seulement Areski ? On peut être amateur de la musique de Brigitte sans pour autant avoir jamais entendu parler de lui. Et pourtant…

Areski est l’éternel compagnon de Brigitte Fontaine, celui qui compose les mélodies de presque toutes ses chansons, qui les arrange toutes et les interprète (il est multi-instrumentiste) ; parfois même, il chante avec elle. Ce n’est pas seulement son producteur, c’est aussi son mari, depuis plus de 40 ans !

C’est donc à lui que sont dues les belles sonorités orientales de nombreux titres de la chanteuse, comme dans Le nougat ou La femme à barbe.

Une rencontre amoureuse…

Areski est un ami de Jacques Higelin qui se produisait au théâtre avec Brigitte : la rencontre a lieu.

Jacques (Higelin) me l’a présenté : ils étaient copains de régiment, raconte la chanteuse. A l’origine, Jacques et moi devions faire un spectacle pour un festival en 68 à Arras et Areski était dans la troupe : c’était le percussionniste de Jacques. Nous sommes restés amis pendant environ trois ans, on travaillait ensemble et rien d’autre. Et au bout de trois ans, coup de foudre monstrueux. Et ça dure toujours.

Si l’on en doute, relisons le portrait qu’elle fait de lui dans son livre Galerie d’art à Kékéland : c’est un sanglier, un sanguinaire. A part ça, il est bon comme du bon pain chaud, parfois comme le ciel…

… et une collaboration artistique

Comment travaillent-ils ? Brigitte explique aux Inrocks :

J’écris les textes, Areski les étudie. Il les passe au laser. Il les incube et les ressort comme ça. Il écoute la musique dans les textes. C’est le compositeur que je préfère en France, donc je continue avec lui. Je ne vais pas me priver sous prétexte que c’est mon mari…

La musique vient toujours après, ajoute-t-elle dans L’Internaute. J’écris mes textes, et Areski les met en musique. Je ne donne aucune indication à propos de la musique, je fais une confiance totale à Areski. Les exceptions sont très rares, il y a une chanson qui s’appelle D’ailleurs et une autre qui s’appelle Le train 2110. Les musiques existaient mais je les adorais alors j’ai fait une exception. Pour moi, c’est plus difficile : je me sens moins libre mais la contrainte n’est pas ennemie de la liberté. Pour Areski, le fait d’avoir mes textes avant de composer, cela représente à la fois une aide et la nécessité d’un effort.

Nous laisserons le mot de la fin à Areski, qui confirme :

Il faut entendre le texte, comme pour un livre, trouver la voix qui accompagne la lecture. Tant mieux si c’est celle de l’auteur.

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