La Symphonie pastorale

Une balade littéraire avec la chanteuse Brigitte Fontaine

Les Misérables, c’est monstrueux, c’est le top du top.

La Liberté guidant le peuple, par Eugène Delacroix

Brigitte Fontaine et Les Misérables

Les Misérables, le grand roman de Victor Hugo, et l’un des plus fameux, sinon le plus fameux, de toute la littérature française ! Combien de lecteurs pour ce livre, combien de marins, combien de capitaines ?

Composante essentielle du paysage culturel français, il fait partie de ces livres (avec par exemple Les Liaisons dangereuses ou La recherche du temps perdu) que Brigitte lit et relit inlassablement.

Un concentré de littérature

S’il est aujourd’hui un livre emblématique, un classique de la littérature mondiale, l’œuvre de Hugo fut en son temps un immense succès populaire : lors de la publication des deuxième et troisième parties, la foule s’amassa dès l’aube à l’entrée des librairies !

Le père Victor s’inspira en outre de La Comédie humaine, à laquelle il fait référence à plusieurs reprises dans le livre. Balzac est son contemporain, ils s’écrivaient régulièrement : notre bon vieil Honoré était en effet à l’époque un modèle incontournable dans le domaine du roman.

Les Misérables dans La Symphonie pastorale

Dans sa chanson La Symphonie pastorale, le titre de ce monument apparaît dans la dernière strophe, et la chanteuse le lie fort à propos à un autre livre, celui de Sartre. Fort à propos, car Les Chemins de la liberté, comme Les Misérables, est un texte dont le thème central est la liberté, un roman dont la portée sociale est grande

Je conduirai les Misérables
Aux Palais des rois trépassés
Nous ferons des statues de sable
Aux
Chemins de la Liberté

Si cette dernière strophe peut paraître quelque peu hermétique, à l’instar de certains poèmes de Rimbaud, elle ne manque pas de souffle. Et l’on comprend bien que c’est encore de liberté que Brigitte nous parle : les rois sont morts, le peuple est libre… On reconnaît bien là le tempérament anarchiste de la Bretonne !

Brigitte, Gavroche, Jean Valjean, Cosette, Fantine et les autres

Quel rapport Brigitte entretient-elle avec ce livre ? A ce propos, elle confiait aux Inrocks :

En ce qui concerne les romans, Victor Hugo est sans doute le plus grand auteur du XIXème français. Les Misérables, c’est monstrueux, c’est le top du top. Un autre grand livre : La Vie devant soi d’Emile Ajar. Je l’ai lu dans un bar, je pleurais et je riais dans la même phrase. J’en parle parce que, je ne sais pas si vous vous en souvenez, dans ce livre, il y a le petit Momo qui fréquente un café tenu par monsieur Mohammed, lequel a deux amours : le Coran et Les Misérables. D’ailleurs, il les aime tellement qu’il les mélange dans sa tête. Il croit citer le Coran quand il reprend Les Misérables et vice versa. C’est lui qui dit : « Mon petit Momo, quand on écrit, on écrit Les Misérables », et je suis tout à fait d’accord avec lui.

Elle disait également à propos de Rimbaud que c’était le top du top. Dans le système de valeurs de la chanteuse, c’est donc ce dernier qui domine en poésie, et pour le roman, ce sont Les Misérables !

Grand roman qui n’est cependant pas exempt des défauts caractéristiques de son auteur, comme le dit Brigitte à Télérama :

Les Misérables est l’un des plus grands livres du monde. Il faut le lire en entier, même si on saute deux-trois-quatre pages de temps en temps, parce qu’il en fait trop dans les descriptions.

Ce qui rejoint ce que nous écrivions dans l’article consacré à Hugo

Hugo et Delacroix

Petite anecdote : vous aurez certainement reconnu le tableau qui illustre cet article (si ce n’est pas le cas, je vous somme de quitter immédiatement cette pièce). Il s’agit bien sûr de La Liberté guidant le peuple, peinte en 1830 par Eugène Delacroix.

Et qui voit-on sur cette toile ? Ce jeune garçon aux côtés de la Liberté, qui s’insurge, qui est-il ?

Figurez-vous que c’est ce gamin qui inspira à Hugo le personnage de Gavroche ! C’est l’un des rares emprunts de la littérature à la peinture, dont la relation d’influences est souvent univoque (et cette dernière phrase constitue d’ailleurs un emprunt, que dis-je un emprunt, un copier-coller mot pour mot de Wikipédia, ce qui au contraire n’est pas rare dans le terrible monde de l’Internet. Aaah, je sacrifie à la mode, j’agis avec paresse, je brûlerai donc en enfer !)

En conclusion, des citations !

Et puisque nous parlons de copier-coller, il est temps de vous faire découvrir quelques citations extraites des Misérables… Je vous rappelle que c’est un rituel sur ce site !

C’est à toi, Victor, on t’écoute !

Il n’avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d’amour ; mais il était joyeux parce qu’il était libre.

Soit dit en passant, c’est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes.

Nos chimères sont ce qui nous ressemble le mieux.

Et ma préférée :

Le dix-neuvième siècle est grand, mais le vingtième sera heureux.

Ce Hugo, quel visionnaire tout de même. (Je sais, ce n’est pas bien de se moquer. Je brûlerai en enfer bis.)

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