La Symphonie pastorale

Une balade littéraire avec la chanteuse Brigitte Fontaine

Ce roman, je l’ai écrit d’un seul coup.


La Limonade bleue

Si Brigitte Fontaine est d’abord une chanteuse, elle est aussi écrivain.

Et je ne parle pas là seulement de ses chansons, qu’elle signe toutes de sa main, mais d’une véritable activité parallèle. Peut-être certains d’entre vous ont-ils déjà remarqué sa présence, en tête de gondole, dans les librairies…

La Limonade bleue et la Symphonie pastorale

Elle est en effet l’auteur de nombreux romans et nouvelles… La Limonade bleue est l’un de ces romans. Le titre a d’ailleurs préexisté au livre lui-même, puisqu’il est issu de la chanson La Symphonie pastorale, comme le précise les Inrockuptibles :

C’est de la chanson La Symphonie pastorale, tissée de classiques qu’elle aime et qui clôt magnifiquement Les Palaces tout en nuances, que Brigitte Fontaine a tiré La Limonade bleue, le titre de son dernier roman qui sort en même temps que son disque.

Dans la chanson, le roman de Brigitte est cité quelque part entre ceux de Malcolm Lowry et d’Emily Brontë :

Errant entre les murs de feu
D’un antre
Au-Dessous du Volcan
Crachant la limonade bleue
Je fuis les Hauts de Hurlevent

Tout ceci est fort intéressant, mais de quoi parle cette fameuse Limonade bleue ?

La Limonade bleue, kézako ?

La solution la plus rapide pour recueillir des éléments sur ce roman, c’est encore de poser la question à l’auteur elle-même, qui confiait aux Inrocks (encore eux) :

La Limonade bleue est un assez court roman, plutôt trash, un peu carabiné et un peu sexe. Il peut y avoir des moments très doux et des histoires d’amour violentes. Je l’ai écrit d’un seul coup. C’est le sixième que je fais paraître. Ce qui me plaît toujours dans les livres que j’écris, ce sont les choses qui sont entre les gouttes, entre les actions. Je pourrais vous raconter l’histoire mais ça ne serait pas très intéressant. C’est surtout les ambiances, les états, les couleurs qui comptent… Là non plus, je ne savais pas où j’allais. J’ai suivi une route, des gens, des envies…

Comme on le constate, le style compte davantage que ce qui est raconté. Ce que confirme d’ailleurs l’auteur du site Les Cotylistes, qui dans sa critique du roman (lien en bas de page), nous dit d’emblée :

Il y a une histoire, dont on se fout presque. L’intérêt se trouve dans le ressenti de chaque personnage.

Un extrait

Rien de mieux qu’un extrait pour se faire une idée :

A la tienne pépère, dit cordialement au travesti cosmonaute la momie aux beaux yeux du cinématographe. C’est dans un bar un peu suffocant où plane la poussière dorée de fin d’après-midi. Les cocktails sont meurtriers, frappant comme des poignards. La sueur fait briller les fards du jeune monstre et de la diva longue et surfine qui fait glisser en pluie ses bracelets le long de son bras transparent. Dehors, sur le trottoir, luisent des palmiers et des chênes, les laborieux rentrent au bercail, les carrosseries fabuleuses d’américaines ou d’allemandes lancent leurs éclats. Ils sont seuls pour l’instant dans le bar, Toni pour lui, ou Annouchka, Stella Maelstrôm pour elle. Syrienne elle est, malgré les douces mèches incolores qui casquent sa tête petite et ronde, malgré ses yeux d’amande verte où perle de l’or pur. Lui, diable anguleux et soyeux, est de partout comme d’ici, fixé ici pendant les longues périodes d’entraînement et de nuits spectaculaires.

Vous l’aurez compris, expérimental n’est pas un vain mot pour Brigitte Fontaine ! C’est le moment d’en apprendre plus sur sa pratique de l’écriture

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