La Symphonie pastorale

Une balade littéraire avec la chanteuse Brigitte Fontaine

Cocteau a écrit des choses belles et poétiques,
hélas ses dessins étaient nuls.

Jean Cocteau

Brigitte Fontaine et Jean Cocteau

Comment qualifier Jean Cocteau autrement que par l’expression imprécise et peu satisfaisante d’artiste multiple ou d’artiste complet, lui qui était à la fois écrivain, dessinateur et cinéaste, et qui excellait dans ces différents domaines en y insufflant toujours sa personnalité atypique ?

Disons simplement qu’il était poète : c’est ainsi qu’il se définissait et qu’il aurait aimé qu’on se souvienne de lui.

Des talents multiples

Cocteau était d’abord écrivain, et c’est sans doute sa tragédie grecque La Machine infernale qui est aujourd’hui son œuvre la plus connue. C’est d’ailleurs celle que Brigitte Fontaine cite dans le refrain de la Symphonie pastorale.

L’écrivain était aussi dessinateur, et personne n’a oublié les couvertures de ses livres qu’il illustrait lui-même, et qu’on peut encore voir sur les livres de poche d’aujourd’hui.

La poésie de Cocteau investissait également le cinéma : qu’on se souvienne par exemple de certaines images de La Belle et la bête, telle l’arrivée de la Belle au château de la Bête, où l’on voit des bras tenant des chandeliers émerger des murs.

Un autre film est prépondérant dans la carrière de Cocteau, et ce film a marqué Brigitte à tel point qu’elle en fait mention dans La Symphonie pastorale. Il s’agit d’Orphée, qu’il écrit et réalise en 1950… Quand Brigitte nous parle de la voiture d’Orphée parlant le langage des fées, c’est ce film qu’elle évoque…

Cocteau en citations

Cocteau avait le sens de la formule, de la petite phrase bien sentie. Je vous livre quelques citations de lui à sortir pendant les soirées mondaines pour épater la galerie :

Ne fouille pas trop le cœur. Il est mauvais de fouiller trop le cœur. Il y a de tout dans le cœur. Ne fouille pas trop dans mon cœur, ni dans le tien.
Dans Les Parents terribles

Il n’y a pas de précurseurs, il n’existe que des retardataires.
Dans Le Potomak

Ce qui caractérise notre époque, c’est la crainte d’avoir l’air bête en décernant une louange, et la certitude d’avoir l’air intelligent en décernant un blâme.
Dans La Démarche d’un poète

Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.

Le drame, c’est qu’aujourd’hui la bêtise pense.

Brigitte et Jean

La chanson en témoigne, la Reine des Kékés est une admiratrice de l’artiste. Voilà ce qu’elle confiait à Télérama :

Les Enfants terribles… J’aime cette sauvagerie magique. Et puis peut-être que je me reconnais un peu.

Mais la chanteuse peut être radicale, et émettre un jugement péremptoire, en tout cas impartial, sur le Cocteau dessinateur, comme en témoigne une interview qu’elle donna aux Inrocks en mars 2000 :

J’adore les films de Cocteau. Il en a réalisé de très beaux, écrit des choses belles et poétiques, hélas ses dessins étaient nuls. On ne peut pas tout réussir dans la vie.

Voilà qui est dit !

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